Vilbert, Léonie «  Nature morte » (2024) 224 pages – (Les enquêtes de Renoir et Monet – tome 1)


Vilbert, Léonie «  Nature morte » (2024) 224 pages – (Les enquêtes de Renoir et Monet – tome 1)


Autrice: Léonie Vilbert est le pseudonyme d’un auteur de polar français qui partage sa vie entre la Sarthe, Paris et le reste du monde. En grand format, il est l’auteur de trois romans policiers multi-récompensés.

J’ai lu – 02.10.2024 – 224 pages

Résumé:

1862… Le propriétaire désargenté d’un château sarthois invite quelques amis et personnes d’importance à passer les fêtes de Noël dans sa grande propriété. Pour divertir ses convives et leur offrir un cadeau à bas prix, il demande à l’un de ses amis, professeur à l’Ecole des beaux-arts de Paris, de lui envoyer des étudiants pour tirer le portrait de ses hôtes. L’homme lui déniche deux jeunes peintres volontaires et sans le sou : un certain Claude Monet et son copain Pierre-Auguste Renoir. 

Mais, à la veille de Noël, un meurtre est commis. Les deux amis, qui ont observé les convives de près et ont assisté à leurs conversations, se mettent alors en tête de démasquer l’assassin. Non pas qu’ils aient une âme de détective, mais, au milieu de cette faune bourgeoise solidaire, ils sont les moutons noirs et on ne tarde pas à les soupçonner. Renoir et Monet n’ont pas le choix. En attendant l’arrivée de la police et du procureur qu’on est parti quérir malgré la tempête de neige qui fait rage, ils vont devoir résoudre l’affaire pour se disculper.

Mon avis:
Bienvenue en Sarthe profonde, au « Château du Paty » à Chenu en l’an 1862 pour les fêtes de Noël.
Un petit château situé dans un grand parc arboré, avec entre autres un magnifique affreux tilleul – avec des dents qui claquent – connu pour être un arbre à pendus.
L’intrigue est excellente, les personnages troubles et retors à souhait, le huis-clos aussi glaçant que le temps qu’il fait dehors.; la peinture de la bourgeoisie est sans pitié ce qui ajoute du piquant à l’histoire! Je vous laisse la surprise de découvrir la personnalité des hôtes et des invités, qui ont tous un secret à cacher…
Les hôtes ont décidé de faite un cadeau surprise original à leurs invités : leur portrait par deux jeunes apprentis peintres Claude Monet et Pierre-Auguste Renoir. L’idée est jolie mais l’intention cachée beaucoup plus diabolique.

J’ai trouvé très sympa, beaucoup d’action, de suspense, mais j’ai regretté que le coté artistique ne soit pas davantage mis en valeur. Certes l’autrice insiste sur le don d’observation de Monet et Renoir et de leur capacité à lire les expressions des visages mais c’est presque en arrière plan. Et moi c’est en lisant le nom des deux peintres que j’ai été tentée… en tablant sur le coté artistique, qui est somme toute très secondaire…
J’attends avec impatience la deuxième enquête de nos deux peintres, car je suis certaine que leur carrière d’enquêteurs ne va pas s’arrêter en si bon chemin ! Et j’espère que la peinture sera davantage présente …

Extraits:

C’était l’espoir qui l’avait convaincue, un sentiment qui travaillait souvent main dans la main avec la déception.

Le lien qui les unissait relevait du respect et c’était un sentiment tout aussi fragile que l’amour. 

Ce n’était pas qu’il avait l’air de vieillir, c’est qu’il était déjà vieux. Complètement. Il n’avait pas fané lentement mais flétri d’un coup. Et il n’y avait pas de retour en arrière possible à la décrépitude humaine.

La candeur est une qualité éphémère.

Si Claude préférait peindre les paysages, Auguste avait une fascination pour les visages et les corps. Il aimait leur mobilité, les courbes de leurs mouvements.

Il ne pouvait réfréner son désir de séduire, de connaître les femmes, surtout quand il sentait une vulnérabilité qui éveillait en lui des envies de protection. Renoir aimait les peindre, Monet s’en faire aimer.

Il avait l’habitude de contempler les visages pour mieux les peindre, mais il n’avait jamais réalisé à quel point la vie les animait. La mort vous défigure. Et ce n’est pas seulement la déformation des traits due à la privation d’oxygène, c’est l’étincelle disparue, la vie à tout jamais enfuie.

 Il avait toujours été fasciné par la façon dont Bruegel représentait l’hiver dans ses tableaux. L’idée de peindre des paysages de neige lui plaisait, mais pas d’affronter des tempêtes aussi violentes pour y parvenir.

— Vous êtes jeunes encore, alors laissez-moi vous donner un conseil : plus important encore que choisir ses amis, il faut très soigneusement sélectionner ses ennemis.

Il n’était pas romantique au point de se désespérer d’amour. Il savait tourner la page quand la page restait vierge. Il aimait aimer mais fuyait les passions destructrices. Et s’il lui avait donné un conseil sincère, cela aurait été celui de passer à autre chose et de s’intéresser à quelqu’un qui en vaille la peine.

Dans ce milieu, il fallait toujours avoir l’air avant d’être.

Image : le château du Paty à Chenu (Sarthe) Source : site web loir-valley 

One Reply to “Vilbert, Léonie «  Nature morte » (2024) 224 pages – (Les enquêtes de Renoir et Monet – tome 1)
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  1. Et bien je n’ai rien à ajouter à tes commentaires et je suis entièrement d’accord avec ton analyse de ce petit bouquin dont le dénouement de l’histoire m’a un peu fait penser aux conclusions des enquêtes du héros d’Agatha Christie, Hercule Poirot

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